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DécouPano

Dimensions standard des caissons de cuisine

Rien ne vous oblige à suivre les dimensions courantes. Vraiment rien — sauf si vous voulez que le lave-vaisselle rentre, que le plan de travail se pose, que la crédence tombe juste et que les charnières que vous avez achetées soient les bonnes. Autrement dit : rien ne vous y oblige, et vous allez les suivre. Les voici, avec ce qu’elles impliquent au débit.

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À retenir

D’où viennent ces dimensions ?

Elles n’ont rien d’arbitraire, et les connaître aide à savoir lesquelles on peut bousculer.

Tout part d’une hauteur de travail confortable pour une personne d’environ 1,70 m, soit à peu près 900 mm. À partir de là, l’industrie a construit un empilement :

plinthe 100 à 150 mmcaisson 720 mmplan 38 mm≈ 900hauteur de travail
150 + 720 + 38 ≈ 908 mm de hauteur de travail. Les pieds réglables rattrapent les derniers millimètres — un sol de cuisine est rarement de niveau.

Plinthe de 150, caisson de 720, plan de travail de 38 : 908 mm. Le compte y est. Et comme tout le monde s’aligne sur ce standard, l’électroménager, les plans de travail, les crédences, les tiroirs et les charnières s’y conforment aussi.

Vous mesurez 1,90 m ? Ne touchez pas au caisson : montez la plinthe à 200 mm. Vos meubles restent standards, votre dos vous remercie, et le lave-vaisselle rentre toujours. C’est la seule cote de l’empilement qu’on peut modifier sans conséquence en chaîne.

Le tableau des cotes

MeubleHauteurProfondeurLargeurs courantes
Bas720 mm hors plinthe560 à 580 mm400 · 500 · 600 · 800 · 900 mm
Haut700 à 900 mm350 à 400 mm400 · 500 · 600 mm
Colonne (four, frigo)2000 à 2200 mm560 à 600 mm600 mm
Sous-évier720 mm560 à 580 mm600 à 900 mm
Meuble d’angle bas720 mm560 mm900 × 900 mm hors tout
Valeurs les plus répandues dans les cuisines en kit et l’électroménager encastrable. Les largeurs sont données hors tout, façade comprise.

Et les cotes de pose, celles qu’on oublie de noter :

Cote de poseValeurPourquoi
Plan de travail au sol900 mm environHauteur de travail confortable
Profondeur du plan de travail620 à 650 mmDéborde de 40 à 70 mm devant les caissons
Bas des meubles hauts au sol1400 à 1500 mmLaisse 500 à 600 mm de crédence libre
Hotte au-dessus des plaques650 mm minimum (gaz)600 mm pour l’induction, voir la notice
Jeu entre façades3 mmSinon elles se touchent à l’ouverture
Les 500 à 600 mm de crédence libre sont un vrai confort : en dessous, on se cogne en travaillant sur le plan.

Ce que ça donne au débit

Prenons un meuble bas de 600 mm de large, en mélaminé 19 mm, montage côtés pleine hauteur — celui de l’industrie :

720562 mm600 mm hors toutouverturecôtécôté
Les côtés portent la hauteur entière. Le dessus et le dessous se logent entre eux : ils perdent deux épaisseurs de panneau sur la largeur. 600 − 2 × 19 = 562 mm.
PièceCotesQuantitéChant
Côté720 × 560 mm2arête avant
Dessus / dessous562 × 560 mm2arête avant
Fond en applique600 × 720 mm1aucun
Tablette560 × 540 mmau besoinarête avant
Façade597 × 715 mm1quatre arêtes
562 = 600 − 2 × 19. La tablette perd quelques millimètres de plus pour ne pas coincer, et la façade est réduite de 3 mm pour le jeu avec sa voisine.

Multipliez par six caissons et vous avez une cuisine : une trentaine de pièces distinctes, une soixantaine d’exemplaires. Le raisonnement complet, avec les autres montages et le choix du fond, est dans comment faire ses caissons.

Les cotes qui dépendent de l’électroménager

Voilà les pièges qui ne se rattrapent pas après débit, parce qu’ils touchent à des appareils dont les dimensions ne se négocient pas.

  • Le lave-vaisselle demande une niche de 600 mm de large exactement, et sans caisson. On ne le loge pas dans un meuble : on lui laisse un trou entre deux caissons. C’est l’erreur classique du premier projet — on fabrique un beau caisson de 600, et l’appareil ne rentre pas de 38 mm.
  • Le four encastrable réclame une hauteur de niche normalisée dans la colonne (généralement 590 à 600 mm) et une ventilation à l’arrière : le fond ne descend pas jusqu’en bas, ou il est percé.
  • L’évier impose un caisson sans traverse haute — la cuve prend la place — et souvent un fond amovible pour accéder au siphon.
  • La plaque de cuisson réclame une découpe dans le plan de travail et un dégagement sous la plaque : le tiroir du dessous est souvent moins haut que ses voisins.
  • Le réfrigérateur encastrable demande sa propre colonne, avec une ventilation haute et basse. Vérifiez la notice avant de dessiner, pas après.

La règle générale : ces cas sortent du meuble paramétré. Décrivez-les en pièces libres, dans le même projet, pour qu’ils entrent quand même dans le calepinage — une joue de finition à côté du lave-vaisselle reste une pièce à découper.

Et les angles ?

Le point noir de toute cuisine, et celui où les standards se contredisent le plus. Deux solutions courantes :

  • Le caisson d’angle en L, avec un plateau tournant. Encombrement typique 900 × 900 mm hors tout, façade en angle. Bon rangement, montage délicat.
  • Le caisson borgne : un caisson normal, et à côté un espace mort fermé par un panneau. Beaucoup plus simple à fabriquer, et la place perdue se récupère par une porte « magique » si le budget le permet.

Pour un premier projet, prenez le caisson borgne. Vous perdrez 200 mm de rangement et gagnerez une soirée de montage — et un angle raté se voit tous les jours.

N’oubliez pas la joue de finition : le côté visible en bout de rangée. C’est une pièce à part entière, plaquée sur ses arêtes avant et haute, et c’est celle qu’on oublie systématiquement de mettre dans la liste de débit.

Faut-il vraiment suivre le standard ?

Pour une cuisine : oui, presque toujours. C’est le prix de la compatibilité avec l’électroménager, les plans de travail vendus en 650 mm de profondeur, les crédences prédécoupées et les façades du commerce. S’en écarter, c’est renoncer à tout ce qui existe déjà et devoir tout fabriquer.

Pour un dressing, une bibliothèque ou un meuble de garage : non. Là, rien ne s’encastre, et les standards n’ont plus de raison d’être. La hauteur d’une tablette se décide sur ce qu’elle doit porter, et la profondeur sur la place disponible.

Un seul cas justifie de sortir du standard en cuisine : une pièce dont les dimensions ne permettent pas de caler des largeurs normalisées. Fabriquez alors un caisson sur mesure en bout de rangée, et gardez les standards partout ailleurs — c’est exactement ce que font les cuisinistes.

Pour aller plus loin

Les tiroirs de cuisine ont leurs propres règles : le guide du tiroir détaille le jeu des coulisses et la façade. Et pour les arêtes à plaquer, quels chants poser et où.

Trois cotes hors tout, et le débit sort avec ses chants.

Décrire un caisson à ces cotes

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